Troisième objectif de la «Société du Sacré-Cœur de Jésus – Catholiques pour le Summorum Pontificum»

La célébration de la Sainte Messe traditionnelle dans les communautés de Russie.

En route vers Koursk et Vladimir !

Du 5 au 9 octobre 2012 l’abbé Thomas Huber (Augsbourg, Allemagne), ainsi que Grégor Huber et Olga Karpova, dirigeants de la Société du Sacré-Cœur, ont répondu à l’invitation des prêtres des communautés de Koursk et Vladimir.

Ainsi la Société du Sacré-Cœur de Jésus a-t-elle pu pour la première fois, à l’occasion du deuxième anniversaire de sa fondation, réaliser son troisième objectif : la célébration de la Sainte Messe traditionnelle dans différentes communautés de Russie. 

Depuis 2010 la Société mène avec succès la première mission qu’elle s’est fixée, à savoir l’organisation d’une célébration digne de la Sainte Messe traditionnelle dans la cathédrale de l’archidiocèse de Moscou, et la seconde, c’est-à-dire la promotion de la vie spirituelle des membres en proposant l’adoration eucharistique, la prière du rosaire et des exercices spirituels.

Koursk

Le premier contact entre l’association et les catholiques de Koursk intéressés par le rite traditionnel remonte à un an auparavant. À la mi-octobre 2011 avait eu lieu la première rencontre avec des catholiques de Moscou avec ceux de Koursk au sein de leur communauté baptisée « de l’Assomption ».

De nombreuses questions avaient été posées, surtout celle de savoir pourquoi la Sainte Messe traditionnelle était si attirante. D’autre part, l’espoir avait été exprimé que fût un jour célébrée la messe traditionnelle dans la cathédrale de Koursk.

Ce rêve devait pouvoir se réaliser. Selon le point 16 de l’instruction Universæ Ecclesiæ, de la commission pontificale « Ecclesia Dei » du 13 mai 2011, il appartient à tout prêtre, recteur ou autre de satisfaire la requête visant à rendre possible la célébration de la messe traditionnelle si ce prêtre le demande avec les autres fidèles de son église. L’abbé Jan Bober affirmait avoir accueilli ce vœu et qu’il participerait à cette messe.

Quand le voyage de l’abbé Thomas Huber à Koursk sembla possible, l’organiste Natalia Strelkova et les membres de la chorale ainsi que deux servants de messe commencèrent à se préparer. Au cours de l’été 2012 ils s’adressèrent au groupe de travail de l’association à Moscou et préparèrent toutes les partitions, les instructions pour les servants et une liste des affaires nécessaires pour célébrer dignement cette messe. Les fidèles ne se verraient pas seulement remettre des documents mais il fallait aussi préparer le local : Gregor Huber, Vassili Proussakov, séminariste de la Fraternité Saint Pierre, et Olga Karpova se rendirent à Koursk en été et à l’automne pour des répétitions avec les servants de messe et la chorale.

Le vendredi 5 octobre 2012 l’abbé Thomas Huber célébra dans la cathédrale de l’Assomption une messe chantée de Requiem célébrée pour tous les défunts de la Première et de la Deuxième Guerres Mondiales.

Il y avait aussi un moment tragique dans les pensées : le dernier prêtre de la communauté de Koursk avait été tué dans la cathédrale avec ses fidèles en 1938 par des athées. Malgré le temps pluvieux et la saison de la datcha encore inachevée, une vingtaine de fidèles assistèrent à la messe qui fut servie par Rouslan Galtsov (Koursk) et Gregor Huber (Moscou).

La chorale chanta magnifiquement l’introït « Requiem æternam », la séquence « Dies Iræ », l’offertoire « Domine Jesu » et la communion « Lux æterna ».

Le samedi 6 octobre fut célébrée la messe votive du Cœur immaculé de Marie, c’était une messe basse. Comme l’avait dit l’abbé Thomas Huber, la chorale ne chanterait pas plus de trois chants dans la langue vernaculaire pour ne pas escamoter le caractère romain et latin du rite. Pour beaucoup de personnes présentes c’était une véritable nouveauté de voir que la langue vernaculaire peut être utilisée dans la messe tridentine. Ce jour-là les servants de messe étaient Rafael Arruda (Koursk) et Gregor Huber (Moscou).

Malgré la tension et la gravité du programme la chorale s’acquitta bien de sa tâche. Natalia Strelkova confirme : « Avec la participation à la messe traditionnelle j’ai eu le sentiment d’avoir assisté à un rite sublime et important avec toute sa valeur, la puissance divine, l’assistance priante, le dialogue entre le prêtre et Notre Seigneur, la prière du prêtre dirigée vers le Christ, la communauté et toute notre église. Cette magnificence, cette solennité et cette beauté, cette spiritualité profonde, cette bénédiction divine, tout cela, je l’ai reçu en assistant à la messe célébrée selon le rite romain extraordinaire.

Après la messe tout le monde se retrouva dans la salle paroissiale pour un thé, comme de tradition en Russie. Gregor Huber présenta l’activité de la Société du Sacré-Cœur et l’abbé Thomas Huber répondit à des questions. Il lui fut par exemple demandé « comment peut-on participer à la messe si tout est lu en latin, langue que nous ne comprenons pas ? », et aussi quelle est la définition du jeûne eucharistique.

Le point culminant de la visite à Koursk était la messe chantée du 19ème dimanche après la Pentecôte. 

Elle commença par l’« Asperges me » et l’encens était bien là. Cette messe était servie par trois servants. Toutes les personnes présentes perçurent bien le dialogue entre le prêtre et la chorale.

Pour moi, qui suis depuis peu dans l’Église catholique, et qui peux étudier en détail l’histoire et la vie de l’Église catholique, il était très intéressant de vivre cette messe « en direct ». J’avais déjà pu voir certains extraits de la messe dans des films étrangers, raconte Marina Silakova. Elle continue : « Par ailleurs c’était une expérience très intéressante et réjouissante d’aider moi-même à la messe en y chantant. La chorale a fait des répétitions pendant deux mois et nous n’avons rien oublié. La messe tridentine est une très belle liturgie et l’autel est très beau ».

Après la messe les membres de la communauté et les religieuses remercièrent l’abbé Thomas Huber pour sa visite et la Société du Sacré-Cœur de Jésus pour l’organisation. Il faut aussi ajouter que la messe ordinaire dans le nouveau rite était célébrée par le père Jan, chacun pouvait donc choisir sa messe.

« Pour moi la Sainte Messe était ma première expérience du rite tridentin. Pendant et après la messe il y avait dans l’église une atmosphère si particulière et j’ai pu me plonger de toute mon âme dans la rigueur et la magnificence de l’office divin. Je souhaite que cette messe tridentine ne soit pas la dernière à Koursk dans notre église », dit Ella Nourova.

« Quand nous parlons de cette messe nous devons comprendre que la tradition de l’Église et ce qui a formé au cours des siècles ne doit jamais être oublié. Grâce à l’autorisation accordée par le pape Benoît XVI nous pouvons aujourd’hui vivre encore plus profondément le sacrifice de la croix, témoigne Rouslan Galtsov, qui a servi la messe. Nous éprouvons la transcendance secrète du Christ comme Celui qui s’est donné à nous dans l’Eucharistie. Dans la messe le silence signifie la prière à Dieu. J’espère bien que la messe traditionnelle sera encore célébrée dans notre communauté. Encore une fois je tiens à remercier tous ceux qui ont participé à la préparation et à la messe elle-même. Un remerciement particulier à nos sœurs et à notre père Jan ! »

« Rouslan Galtsov et Rafael Arruda, qui servirent pour la première fois la messe traditionnelle, l’ont fait avec une grande précision et concentration, dit Gregor Huber : pour moi, qui sers la messe depuis 1987, c’était très agréable de servir avec eux ». Natalia Strelkova ajoute : 

« Enfin ! Après une interruption de 74 ans la messe dans le rite traditionnel a enfin été célébrée du 5 au 7 octobre 2012 ! Rendons grâces à Dieu éternellement pour monsieur l’abbé Thomas Huber, Gregor Huber, Olga Karpova et Vassili Proussakov qui, malgré leur travail à chacun, ont sacrifié une part de leur temps libre pour la préparation de la messe et les nombreuses répétitions avec une grande patience ! Je tiens aussi à remercier ceux qui par leurs propos et leurs actes ont contribué à réaliser ce projet : la chorale, les servants, le père Jan, les sœurs et les fidèles venus pour la messe traditionnelle ! »

Valéry Riobovol : « Comment une personne qui ne connaît pas le latin peut participer à l’office liturgique de façon consciente et le comprendre profondément alors qu’elle n’est pas capable de maîtriser une langue étrangère ? J’ai souvent entendu prononcer tous les arguments contre le latin et la messe tridentine. Ma première messe était une messe basse et pendant les dix première minutes j’ai essayé de vaincre mon sentiment de perplexité. Je me suis donc concentré sur ma prière et alors je me suis senti comme une personne qui est devenu soudain très riche et qui ne sait pas quoi faire de toute cette richesse. Cependant, après la messe les réponses aux questions qui ont été posées m’ont aidé à résoudre ce problème. Le lendemain j’ai pu assister de façon plus approfondie à la Sainte Messe. Je peux alors qu’un autre argument des opposants à la messe tridentine selon lequel les participants à l’office divin sont « présents absents » est complètement inconsistant parce que je veux par ma piété personnelle prier de façon approfondie et longtemps, gagner la grâce de Dieu et en profiter [pour lutter contre mes faiblesses et progresser dans les vertus imparfaites (G.H.)]. Je peux même aussi dire ceci : dans ce rite, la parole en latin agit. Écoutez ! On a seulement besoin de quelques lignes à répondre et on sent bien que quelque chose de particulier est en train de se produire ! Je peux dire aussi pour ma part que j’étais complètement plongé dans la célébration et la prière et que j’avais perdu la notion du temps malgré mon latin très imparfait. »

La Société du Sacré Cœur de Jésus tient à remercier le père Jan pour sa confiance, son hospitalité et l’intérêt qu’il a manifesté pour la Sainte Messe traditionnelle. Elle remercie aussi sœur Augustina qui gère si bien la sacristie. Ces trois jours resteront pour nous non seulement un souvenir agréable mais comme un encouragement pour les fidèles de la communauté à approfondir leur foi.

Avant de repartir pour Moscou des fidèles ont demandé à Gregor Huber et Olga Karpova de poursuivre la coopération avec l’association et ont manifesté le souhait d’en faire partie.

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Vladimir

À l’invitation du père Serguiï Zouïev, l’abbé Thomas Huber et les dirigeants de la Société du Sacré-Cœur de Jésus ont rendu visite à la communauté du « Saint Rosaire de la Très Sainte Vierge Marie » de Vladimir.

 « Au début de mon voyage en Russie il était prévu que je me repose quelques jours à Moscou après la visite à Koursk. Cependant nous ne pouvions pas dire non à la chaleureuse invitation du père Serguiï et nous ne regrettons pas d’avoir pris cette décision ! Qu’y a-t-il de plus beau que de célébrer la Sainte Messe avec des amis ? » se rappelle l’abbé Thomas Huber.

Chaque année, l’abbé Thomas Huber rend visite à son frère à Moscou et peut évidemment se déplacer dans d’autres villes de Russie et y célébrer la Sainte Messe.

Et nous voilà dans le train qui va directement de Koursk à Vladimir.

La Sainte Messe fut célébrée les 8 et 9 octobre, servie par Gregor Huber. Le prêtre ne participa à la messe que par la prière mais il fit volontiers les lectures en russe. Pour la dignité de la liturgie le père Serguiï fournit les ornements qu’il avait fait restaurer à ses frais. Ils proviennent de l’« aide humanitaire » envoyée par l’Europe à la Russie au début des années 1990.

L’abbé Thomas Huber :

« J’étais très ému d’apprendre que les beaux ornements dans lesquels j’ai célébré la messe à Vladimir avaient été sauvés de la destruction par le feu par un séminariste qui les avait alors cachés sous son matelas ! C’est de cette façon que l’on voulait briser la résistance de la tradition après le Concile. Ce n’est que la volonté de la Providence d’avoir fait en sorte que ces ornements soient sauvés. Après plus de 40 ans de combat c’est un message clair qui est donné : célébrer la messe de tous les temps ».

L'ordinaire grégorien a été chanté par Olga Karpova.

Non seulement les fidèles qui connaissent la messe traditionnelle y assistèrent mais aussi d’autres personnes qui en entendaient parler pour la première fois et qui furent tout de suite intéressées. Il y avait aussi des gens qui considérait qu’il n’y a aucun intérêt à propager la messe traditionnelle en Russie.

Après la messe nous sommes restés pourtant un peu dans la cuisine ce qui nous a donné l’occasion de répondre à certaines questions. Certaines personnes qui avaient assisté pour la première fois au sacrifice du ministère sacerdotal de la messe se demandaient : « Et nous dans tout ça ? Pourquoi ne chantions-nous pas et ne faisions que répéter ce que la chorale chantait avec le prêtre ? Pourquoi le prêtre lit-il les textes de la messe à voix basse ? », etc. L’abbé Thomas Huber répondit tranquillement et patiemment en expliquant que l’office divin qui est célébré par l’Église est réalisé de façon en même temps intérieure et extérieure. Les personnes présentes purent aussi recevoir des informations sur les activités de la Société du Sacré Cœur de Jésus.

»Obwohl wir uns noch nicht kannten, bereitete Alexej Rudnizkij, einer der Ministranten, der später auch ministrierte, alles notwendige für eine Zelebration der Hl. Messe vor«, erinnert sich Gregor Huber. Als Kaplan Thomas und ich später in die Sakristei kamen war schon fast alles gerichtet».

Deux servants de messe de la communauté du Rosaire de la Très Sainte Vierge Marie manifestèrent aussi leur souhait de servir la messe traditionnelle. Le père Serguiï suivit avec l’abbé Thomas Huber et son frère Gregor une formation pour les servants de messe selon le rite traditionnel. « Bien que nous ne connaissions pas encore, Alexeï Roudnitsky, un des servants qui a ensuite officié, a préparé tout le nécessaire pour la célébration de la Sainte Messe », se rappelle Gregor Huber. Quand l’abbé Thomas Huber et moi-même sommes arrivés plus tard dans la sacristie tout était presque prêt.

« Les hommes veulent voir près des prêtres et des diacres qui dans leur attitude manifestent une pleine vénération envers Dieu ; cela permet de connaître ce qui est invisible, sans beaucoup de mots ou d’explications. L’abbé Thomas Huber a célébré la sainte liturgie avec une vénératio inhabituelle, raconte madame Raïssa Schaoulova. Dans le missel romain de 1962 il y a des prières dans lesquelles le prêtre exprime une profonde humilité et une dévotion envers la présence réelle de Jésus Christ victime et par ces prières nous comprenons le cœur de la liturgie. Les fidèles de la communauté du Saint Rosaire de la Très Sainte Vierge Marie remercient très chaleureusement l’abbé Thomas Huber et la Société du Sacré Cœur de Jésus pour leur mission ».

La Société du Sacré Cœur de Jésus remercie également le père Serguii pour sa confiance, son hospitalité et son intérêt pour la messe traditionnelle.

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